♻️ L’approche systémique des Réhumanistes

Les Réhumanistes veulent renouveler les promesses des Lumières, notamment permettre aux individus d’exercer à nouveau leur libre arbitre dans un monde complexe. Pour cela, nous ne pouvons faire l’économie d’une exploration de cette complexité moderne. Et impossible de parler de complexité sans parler systèmes.

Les Réhumanistes n’ont bien entendu pas le monopole de l’approche systémique.

Qu’on les dénonce ou qu’on les adopte, qu’on les identifie nommément ou qu’on les critique en tant que conspiration nébuleuse, les systèmes sont partout. On parle de crise systémique, à laquelle il faut apporter des réponses systémiques.

Malheureusement, comme tout terme ou concept utilisé à tout bout de champ, les systèmes sont plus mal compris que jamais. Généralement soit trop démocratisé, cités dans des discussions de comptoir à tout va (et généralement à contremploi), soit approché par une vision scientifique - trop scientifique peut-être, à tel point que ce que l’on apprend n’est que peu utile dans la vie de tous les jours.

Qu’est-ce qu’un système, alors ?

La définition la plus large et la plus basique dirait qu’un système est un ensemble d’éléments, identiques ou disparates, qui interagissent entre eux de multiples façons. Les analogies ne manquent pas pour illustrer ce que peut être un système : une machine, un être vivant, une organisation (commerciale ou autre), une ville, la nature, …

Viennent alors les inévitables schémas, faits de cases et de flèches, pour représenter ces éléments et les relations et interactions. Ces schémas deviennent rapidement confus, ou a minima touffus, avec des flèches et des lignes représentant différents phénomènes, avec la dimension temporelle incarnée de manière plus ou moins rigoureuse. On parle alors de d’action, réaction, boucle de rétroaction (feedback loop), d’échanges, d’homéostasie, etc.

Le problème des représentations rigoureuses et scientifiques comme des allégories tout public est qu’elles dénaturent les particularités des systèmes. Elle découpe une réalité en des tranches abstraites, ou fait des comparaisons qui ôte l’essence même du tout. En d’autres termes, elles enlèvent le caractère systémique des systèmes.

Si l’on se contente de voir une entreprise par son organigramme, on est condamné à mal la comprendre. Si l’on compare un système à une réalité uniquement mécanique ou biologique, on est condamné à ne pas comprendre la nature du tout.

Les Réhumanistes visent à rendre la réalité systémique non seulement accessible à tous, mais surtout naturelle, presqu’instinctive.

Les allégories sont trop limitées et trompeuses ; les schémas sont trop intellectualisants et stériles. Ni les uns ni les autres ne sont vraiment utiles pour améliorer la compréhension du monde qui nous entoure, au quotidien et en toute occasion.

Nous avons donc notre propre manière d’aborder et de comprendre les systèmes.

Ces méthodes et techniques conditionnent et forgent les solutions que nous développons pour rendre cette vision systémique approchable.

Notre philosophie repose sur quelques distinctions fondamentales, qui expliquent ensuite toutes nos distinctions.

À savoir :

  • TOUT est système. Un individu est un système. Un objet est un système. Et à vrai dire, des idées sont des systèmes.
  • La majorité des systèmes sont en réalité des “méta-systèmes” : pas plusieurs systèmes combinés et superposés, mais un système multithématique indissociable. Un corps humain n’est pas un système sanguin + système nerveux + système immunitaire + … ; c’est un unique système où chacun de ses ensembles est connecté aux autres (presque) en tout point. Les séparer et les étudier à part, c’est nier la nature complexe du système.
  • Tout système est inclus dans d’autres systèmes. Peut-être un système, souvent plusieurs, simultanément. Ces inclusions non exclusives dessinent un nouvel axe de compréhension de la réalité, du plus micro au plus macro.

Le problème devient alors une définition qui a certes le mérite d’exister, mais qui devient peut-être trop large. Si tout est système, voire même système de système, comment proposer une approche systémique qui s’applique à… tout ?

L’approche systémique des Réhumanistes n’est pas une approche pour analyser certaines « choses » qui seraient, elles, des systèmes. C’est une approche de la vie qui fait de tout un système.

On peut alors … systémiser systématiquement … notre rapport au réel.

Toute chose étant système, toute interaction avec d’autres systèmes se faisant au sein de systèmes, on peut normer et standardiser notre compréhension. Certes, certains systèmes (humains notamment) peuvent montrer des particularités (intelligence, conscience, mémoire, reproduction…) mais ces particularités sont des paramètres comme des autres.

Le problème de notre monde n’est pas qu’il devient de plus en plus complexe en devenant de plus en plus « systémique » avec des « systèmes hors de contrôle ». C’est que les individus, sur lesquels reposent le pouvoir de choisir pour influer sur la direction du monde, sont relativement peu capables de comprendre des réalités qui dépassent l’échelle humaine (en quantité, distance, temps…).

L’objectif des Réhumanistes, et la particularité de notre approche systémique, est de permettre à chacun individu de mieux comprendre l’inhérente nature systémique de toute chose, et d’appréhender de manière presque instinctive le supra- (et infra-) humain, avec autant de facilité que le reste.