Manifeste des Réhumanistes

Le monde ne tourne plus rond.
Les temps sont moroses, le futur pourrait l’être davantage.
Il faut urgemment faire des choix difficiles, et tout compromis ou accord semble impossible.

Aux pessimistes et fatalistes :
Ce n’est pas de la faute des autres, des riches, des pauvres…
Les “gens” ne sont pas idiots, cupides, égoïstes ou malhonnêtes.
Il n’y a pas de conspiration.
C’est peut-être de la faute “du système”, mais ces systèmes ne sont pas maléfiques par nature.

Il est toujours temps de changer les choses pour le mieux.
Nous sommes à la croisée des chemins.

Tant de crises, … une malheureuse coïncidence ?
Ou plutôt divers symptômes d’un problème commun ?

Le monde va mal pour une raison : l’individu n’est pas fait pour faire face à des réalités systémiques.
On ne peut plus faire le “bon” choix : on ne sait plus comment agir dans un monde devenu trop complexe.
Nous sommes tous “abondépassés” par une surabondance d’options.
La nature humaine est retournée contre nous.
Non pas par dessein - tout simplement parce que c’est profitable et auto-entretenu par des forces systémiques.

La solution : permettre aux humains, à tous les humains, de mieux percevoir, comprendre, et agir sur les réalités systémiques avec une pensée complexe.
Pas de manière intellectuelle ; mais de façon instinctive.
Pas réservée à quelques uns ; mais proposée à tous.
Sans imposer une idéologie ; chacun libre d’agir selon ses propres valeurs.
Grâce à une technologie de confiance ; pas seulement mercantile.

⇒ Un futur désirable pour tous, pour chacun : tous les individus, plus capables et plus conscients, un libre-arbitre qui fonctionne à nouveau, qui permet de prendre des décisions individuelles et collectives pour résoudre les problèmes de notre époque.
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La civilisation occidentale est fondée sur les valeurs des Lumières, et notamment sur le contrat libéral : la liberté et le libre-arbitre - la capacité des individus à choisir pour eux-mêmes - au coeur de nos démocraties et de nos économies. Le rôle confié à l’individu était on ne peut plus simple : voter, consommer (”voter avec son portefeuille”) et nos systèmes s’occuperaient du reste.

Le libre échange devait, automatiquement et sans effort, diffuser nos valeurs au reste du monde. À partir des années 90s, la technologie, sous la forme de l’informatique personnelle et d’internet, rendrait cette vague de progrès irrésistible et inarrêtable.
Sans une guerre, Nous, Humanistes, devions triompher et voir nos valeurs conquérir la planète pour de bon.

Les 30 dernières années ont remis en question toutes nos certitudes et nous obligent à une inconfortable introspection.

Dans les démocraties occidentales, alors que l’accès à l’information n’a jamais été aussi facile, devant permettre le triomphe de la raison et de nos libertés, il n’a peut-être jamais été aussi compliqué de savoir ce qui est vrai, de se faire une opinion, de débattre et de s’accorder sur une réalité commune et in fine, d’exercer nos libertés de citoyen et de consommateur.

Le savoir et la raison devaient nous libérer de l’oppression et de l’obscurantisme.
Nous semblons pourtant ensevelis sous trop de faits, trop d’informations, trop de données.

C’est peut-être le paradoxe de notre époque : nos outils technologiques mis en place pour mieux communiquer, s’éduquer et s’informer auraient dû consacrer le triomphe des Humanistes.
Au lieu de cela, ce sont les populistes qui connaissent une renaissance mondiale.

De même, les catalogues infinis et les supermarchés pléthoriques n’apportent plus la satisfaction attendue. Pire, notre mode de vie a maintenant un impact planétaire et peut mettre en péril notre civilisation elle-même… Mais la capacité du consommateur à choisir pour son propre bien n’a, elle, pas sensiblement augmenté.

L’individu, citoyen et consommateur, plus seul que jamais, doit faire face à des systèmes gigantesques et un monde qui se complexifie sans cesse.

Comment proposer une alternative crédible et préférable, comment se faire à nouveau entendre, comment faire valoir les valeurs Humanistes, alors que nos méthodes et nos outils - à savoir la recherche de la vérité, de la liberté, de l’épanouissement personnel par la raison - ont été pervertis, caricaturés, singés, et retournés contre nous ?

Nous n’avons peut-être pas besoin de plus d’outils ou de solutions vertes, ou sociales, ou responsables… nous avons peut-être tout simplement besoin d’outils et de solutions qui permettent à chaque individu d’agir réellement selon ses valeurs !


Notre civilisation tout entière est (en théorie au moins) fondée sur les principes humanistes : la Femme et l’Homme, capables de libre-arbitre, dignes de choisir leurs destinées.

Comment expliquer alors les crises (environnementale, sociétale, démocratique) que nous traversons ?

  • Y-a-t-il des conspirations, des cabales internationales, des “puissants” qui détournent ou capturent nos choix pour les retourner contre nous ? C’est ce que prétendent à demis-mots nombre de populistes qui proposent aux peuples de “reprendre le pouvoir”
  • Les individus sont-ils indignes des choix qu’ils font au quotidien (votes démocratiques, achats où l’on “vote avec son portefeuille”) ? Dans ce cas, faut-il revoir les structures et les systèmes qui reposent sur le choix individuel ?

Nous rejetons les théories simplistes et nous réaffirmons notre croyance et notre confiance en des individus capables d’exercer leur libre-arbitre.

Mais le monde moderne est peut-être devenu “trop” : trop grand, trop complexe, trop écrasant pour qu’un individu puisse facilement le comprendre et agir dessus.

C’est la “crise du choix”, d’individus “abondépassés”.

Les Humanistes des temps modernes, les Réhumanistes, doivent s’atteler à renouveler la promesse des Lumières dans un monde de surabondance, en développant une nouvelle plateforme philosophique pertinente au XXIème siècle : Armer les individus pour qu’ils puissent à nouveau assumer leur part dans le contrat libéral ; permettre à tous de faire des choix personnels, en conscience, selon les valeurs de chacun, avec une compréhension des causes et des conséquences, dans un monde complexe et systémique.

Un choix personnel à nouveau possible, en conscience, pour agir avec intention sur le monde… pour une liberté retrouvée et réaffirmée.


Les solutions à nos crises et nos problèmes existent depuis longtemps.
Les alternatives plus désirables ont été avancées depuis des décennies.
Pourtant, elles peinent aujourd’hui à être entendues, comprises, acceptées et appliquées dans un environnement où les arguments simples / simplistes promettant des bénéfices immédiats et évidents auront toujours l’avantage.
À l’heure des fake news et des bulles d’information, à l’heure d’une polarisation extrême des débats, où chaque camp dispose de sa propre vérité, à l’heure où il est plus difficile que jamais de faire confiance et de débattre, nous avons besoin d’équiper chaque individu pour qu’il voit ses intérêts personnels de manière plus subtile et précise, notamment dans le bien collectif.

Nous avons besoin de nouveaux outils (technologiques certainement) pour permettre à chacun de mieux comprendre ce qui sert ses intérêts personnels et d’agir sur le monde en conséquence.

Quand des industries entières sont occupées à manipuler le choix et à détourner la nature humaine pour nous pousser à agir contre nos propres intérêts, il est plus urgent que jamais d’imaginer de nouvelles règles pour préserver le libre-arbitre et le rendre à nouveau possible.

Les Réhumanistes doivent également s’atteler à proposer de nouvelles façons d’imaginer les interfaces digitales que nous utilisons chaque jour pour comprendre et agir sur le monde, pour que celles-ci soient conçues dans l’interêt de leurs utilisateurs et leur permettent de choisir en conscience, dans un monde complexe et systémique :

  • En mettant au point en ensemble de règles qui permettent de concevoir des outils digitaux (apps & sites web) et qui définissent les contours d’une tech réhumaniste,
  • En commençant à mettre en pratique ces règles dans des applications concrètes, des sites ou des apps qui constitueront les premiers briques dans un nouvel écosystème, qui dépasse les intérêts purement mercantiles pour réellement servir chaque individu.

Seulement alors des chemins peut-être moins évidents mais plus satisfaisants pourront être explorés.

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La mission des Réhumanistes :

⇒ Réaffirmer nos libertés, au travers d’un choix personnel à nouveau possible

⇒ Imaginer une technologie qui respecte et rend possible ce choix personnel

Il est urgent de revoir le contrat libéral sur lequel est fondée notre civilisation

La deuxième partie du XXéme siècle semblait confirmer la validité du modèle de civilisation occidental, constitué du combo libéral, à savoir démocratie et capitalisme. La fin de la guerre froide semblait être son couronnement. Et le reste de l’histoire devait être l’achèvement de la conquête du monde. Un monde fait de prospérité et de libertés, et dans lequel les individus étaient libres de choisir leur destinée, libres de choisir ce qui est bon pour eux, libres de voter et d’acheter ce qu’ils veulent.

L’idéologie de la fin du siècle dernier était on ne peut plus simple. Les individus n’avaient qu’une chose à faire : participer au quotidien à l’économie et à la démocratie, se préoccuper de leurs petits bouts du monde, exprimer leurs choix, et le système s’occuperait du reste.

Notre modèle triomphant, sans alternative crédible, était si sûr de lui qu’il ne demandait pas grand-chose en retour. Nos valeurs étaient le défaut de l’humanité, et il suffirait de laisser faire et de montrer la voie pour que toutes les nations du globe nous rejoignent.

Le libre échange devait être le véhicule de nos idées et de nos valeurs. Nous pouvions accueillir des dictatures et échanger avec elles, étant entendu qu’elles n’auraient d’autres choix que de s’ouvrir et d’évoluer pour accorder plus de libertés à leurs peuples et se transformer doucement mais surement en des démocraties qui nous ressemblent.

Liberté de faire du commerce sans liberté sociale était presque inconcevable, tellement nous étions convaincus de l’irrésistibilité et de l’inévitabilité de notre modèle, une sorte d’optimum naturel.

Les années 90s virent l’apparition d’une technologie qui devait cimenter nos victoires et les rendre irréversibles : internet.

Tout naturellement, et sans peut-être que nous nous en rendions compte à l’époque, internet était teinté des valeurs et des espoirs de notre époque, tout juste triomphants du communisme. Internet, c’est n’importe quel individu qui peut se transformer instantanément en citoyen et consommateur mondial, où qu’il soit sur la planète. Grâce aux “autoroutes de l’information” et au “village mondial”, une simple ligne téléphonique permettait de participer à n’importe quelle conversation et arpenter les rayons de n’importe quel supermarché. Quelle arme pacifique redoutable, pour assurer que les démocraties du monde triomphent sans effort !

30 ans plus tard… et force est de constater que les événements ne se sont pas vraiment déroulés comme prévu.

Les démocraties occidentales ont échoué à faire triompher leur modèle. Pire, on peut même avancer que la démocratie elle-même est contestée de toutes parts à l’Ouest.

Le libre échange mondial n’a pas véhiculé nos valeurs. Des dictatures, et notamment parmi les pays les plus peuplés de la planète, ont réussi ce que nous pensions impossible : connaître une croissance et un développement économiques certains sans accorder plus de liberté à leur population.

Les valeurs mêmes sur lesquelles nos sociétés modernes reposent sont contestées. “Libéral” est presque devenu une insulte, que l’on soit de gauche ou de droite. Des valeurs basiques et supposément communes dans nos démocraties (à savoir simplement de “liberté”) ont été caricaturées pour devenir “libertarien” ou pire.

Nous découvrons, à notre plus grande surprise, que notre technologie du quotidien peut être retournée contre nous. Tant que les hippies de la Silicon Valley servaient des valeurs qui nous semblaient suffisant génériques, nous ne trouvions rien à redire. Maintenant les hippies d’hier sont devenus les monopoles capitalistes (et publicitaires) d’aujourd’hui. Et leurs outils sont utilisés agressivement par une nation qui, d’allié naturel et évident, se transforme à grande vitesse en concurrent / quasi ennemi.

En d’autres termes, les Humanistes d’aujourd’hui ont toutes les raisons d’être déboussolés.
Leurs valeurs, autrefois évidentes, sont contestées.
Le modèle de civilisation fondé dessus est moins évident.
Les pratiques de ces valeurs sont caricaturées ou détournées.
Les instruments (technologiques ou non) sont retournés contre eux.

Qu’est-ce qu’être Humaniste au 21éme siècle ?

Comment défendre la capacité et le droit de chaque individu à choisir pour son propre bien, dans un monde plus complexe que jamais ?

Comment redéfinir, réaffirmer et potentialiser la liberté, l’exercice de la liberté, la défense de la liberté, sans tomber dans les excès de certains et sans en faire une arme contre la liberté des autres ?

Comment redéfinir nos pratiques et nos comportements, quand simplement consommer n’est ni nécessaire ni suffisant pour être libre ?

Comment implémenter ces valeurs mieux définies dans une technologie qui n’en est plus le vecteur naturel et évident ?

Nous n’avons pas d’autres choix que de nous poser ces questions difficiles, pour pouvoir renouveler la promesse humaniste : permettre à chaque individu, disposant d’un libre arbitre et donc digne de faire des choix, d’être libre dans un monde plus complexe que jamais.

Nous devons revenir à l’essentiel.

Nos sociétés sont fondées sur le choix personnel.
Des citoyens qui choisissent (votent) pour leur projet de société. Des consommateurs qui choisissent (achètent) au quotidien pour que le libre marché puisse leur proposer ce qu’ils veulent.

Ce choix est cassé.

Le monde est devenu si complexe qu’il est illusoire d’attendre d’un citoyen ou d’un consommateur qu’il sache vraiment ce qui est bon pour lui, ses proches, la planète et qu’il sache quelle option lui permet d’optimiser son bonheur et sa prospérité.

Nous avons l’illusion du choix.
Et donc nous faisons les mauvais choix.

Et comme nos systèmes (démocratie, économie) sont fondés sur le choix personnel, et que ce choix personnel est cassé, ils dysfonctionnent.

Nous ne traversons pas une crise écologique, une crise démocratique, une crise sociale.
Nous ne traversons qu’une seule crise : la crise du choix.

Si nous parvenons à réparer la capacité de chacun à faire des choix en conscience, nous pouvons espérer régler toutes les crises d’un coup !

→ Des citoyens/consommateurs capables de mieux s’informer et comprendre le monde, pour agir dessus.

→ Des citoyens/consommateurs qui peuvent comprendre l’urgence écologique, et faire au quotidien des choix qui la prenne en compte.

→ Des citoyens/consommateurs qui peuvent prendre en compte leurs intérêts élargis, faire des choix complexes, émettre des signaux subtils, pour leur propre bien et celui des systèmes dont ils font partie.

→ Des citoyens/consommateurs qui disposent d’outils digitaux pour les accompagner dans ce choix, sans tenter de le manipuler pour leur vendre quelque chose.

Nous sommes à la croisée des chemins.

Ou nous pensons que l’individu est incapable de faire les choix difficiles qui sont devant nous, et dans ce cas nous devons revoir les fondements de nos sociétés pour arrêter de prétendre lui demander son avis.

Ou nous pensons que l’individu est capable de faire ces choix, s’il dispose des bons outils, … et dans ce cas nous devons œuvrer pour définir ces outils et les concevoir.

Nous choisissons, bien sûr la deuxième voie.
Renouveler la promesse humaniste est une urgence.
C’est, à vrai dire, la seule urgence.

Dans un monde de surabondance, l’équation de la liberté a changé

  • Les valeurs de l’Humanisme ont le désavantage structurel d’être à la fois partout et nulle part.

→ Partout car nous restons une civilisation basée sur les idées des Lumières, sur un individu agent de son destin, capable de choisir pour lui-même (sinon, pas de vote et de démocratie, pas de d’achat et de “vote avec son portefeuille” ni de capitalisme). Le “combo libéral” repose sur ce choix individuel.

→ Nul part car ces valeurs sont si omniprésentes qu’elles en deviennent diffuses, aux contours mal définis, avec une définition que chacun adapte comme il veut. L’Humanisme devient alors associé à ce qui est “bien” et peut rapidement être détourné pour ensuite devenir synonyme d’une politique sociale, ou d’un choix environnemental, ou d’une autre idéologie autre.

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NOTRE DÉFINITION DE L’HUMANISME :

→ Une croyance inébranlable en la capacité de chaque individu, doué de raison et capable d’exercer son libre-arbitre, de choisir pour lui-même pour atteindre liberté, épanouissement, prospérité personnels.

C’est une définition limitée, certainement incomplète, historiquement bancale.
Mais ce n’est pas ce qui importe ici. Elle nous permet de posséder une grille de lecture originale sur le monde actuel, ses problèmes, et de possibles solutions.

L’idéologie humaniste a été conçue par des penseurs qui étaient de façon inévitable des produits de leur époque. Une époque de pénurie : pénurie de biens, de savoirs, de libertés. Pour eux, l’abondance ne pouvait être que bénéfique. Une encyclopédie, des salons pour débattre, des espaces de libertés pour contester le statu quo. Plus ne pouvait être que mieux.

Dans ce paradigme de pénurie, le choix est garanti et préservé grâce à l’alternance, une variété de journaux issus d’une presse libre, des garanties fondamentales d’expression du citoyen (démocratique)…, et par la libre entreprise, la concurrence, l’accès à un marché dynamique (capitaliste)…

Bien entendu, Diderot avec son encyclopédie ne pouvait imaginer wikipedia, et Descartes avec sa méthode scientifique et son “bon sens partagé” les fake news.

L’équation a changé.
Dans une ère de surabondance, plus ≠ mieux.
Toute nouvelle idée n’est plus égal à plus de liberté. Tout nouveau produit n’est plus égal à plus de prospérité. L’individu, face à la complexité croissance du monde, à ce catalogue d’options infini, n’est peut-être plus capable de savoir et comprendre ce qui optimise ses libertés, son épanouissement, sa prospérité.

  • Nous faisons face à une crise du choix. L’individu, incapable de choisir pour lui-même, et en conséquence des systèmes civilisationnels (démocratie, société, économie…) basés sur ce choix personnel, qui dysfonctionnent.
Crises
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NOTRE MISSION, BASÉE SUR NOTRE DÉFINITION DE L’HUMANISME :

→ Nous ne vivons pas plusieurs crises (environnementales, sociétales, démocratiques, économiques…). Nous n’en traversons qu’une seule : la crise du choix. Si nous pouvons permettre aux individus de choisir à nouveau, nous donnons les moyens à chacun de résoudre ensuite toutes les autres crises.

Ces définitions semblent suffisamment générales pour paraître inoffensives. Pourtant, leurs implications peuvent rapidement déboucher sur des conclusions originales ou polémiques.
Par exemple, nous croyons que le meilleur moyen de résoudre la crise environnementale n’est pas d’offrir une solution “verte”. Ou encore que pour “gagner” un débat ou voir triompher nos idées, il faut équiper tous les camps de la discussion des mêmes outils, même ceux qui ne pensent pas comme nous.

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Nous devons renouveler l’ambition des Lumières

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Les contours d’une technologie Réhumaniste

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Il faut proposer une nouvelle approche pour étendre notre perception et notre action

Comme les Humanistes originaux en leur temps, il nous faut imaginer des méthodes et des outils pour permettre à chacun de jouer son rôle dans le contrat libéral renouvelé par la nouvelle ambition des Lumières.

Mais il n’est pas question ici de proposer une nouvelle méthode scientifique - ou autre - pour créer du savoir, ou une nouvelle Encyclopédie pour le stocker. Cette approche ne répondrait pas aux problèmes actuels et ne ferait qu’ajouter encore plus d’éléments à un environnement déjà trop chaotique.

Dans un monde d’abondance, l’équation de la liberté a changé… et l’équation du savoir et sa capacité à nous redonner le contrôle également. Ajouter une nouvelle autorité que nous supposerions plus crédible ou plus légitime n’est pas la solution, car cette autorité, dans un monde sans référentiel et sans centre, pourra tout aussi facilement que les autres se voire déclarer “fake news”. Réaffirmer nos convictions pour le savoir et la raison, en tentant de crier plus fort que le camp adverse (qui peut lui aussi se déclarer fidèle à nos propres valeurs !) ne nous parait plus efficace.

Comment alors proposer quelque chose de nouveau, qui permette à la vérité d’émerger dans un monde sans fondation commune qui permettrait un consensus universel ? Comment ne pas ajouter nos voix à cette cacophonie de laquelle plus rien ne ressort ? Et comment proposer une alternative aussi facile, confortable, réconfortante que les affirmations simplistes des populistes ?

Nous ne proposons pas une nouvelle source de savoirs, mais un ensemble de méthodes (”framework”) permettant à chacun de gérer le savoir d’une façon nouvelle et originale, toute entière dédiée à l’exploration de cette profondeur du monde que nous avons théorisée.

Ce framework :

✅ Permet à chacun de gérer ses idées et croyances aussi facilement qu’il gère ses fichiers ou ses emails,

✅ Permet à chacun de confronter chaque nouvelle idée ou chaque nouveau fait à l’ensemble des idées ou faits qu’il juge vrais ou crédibles,

✅ Permet à chacun de comprendre plus facilement le monde, selon ses valeurs, selon ses croyances, selon ses objectifs personnels sans avoir à devenir expert de tout sujet,

✅ Permet à chacun de faire confiance à des experts en fonction de leurs valeurs, croyances, objectifs partagés,

✅ Permet à chacun de construire une interprétation du monde cohérente avec ce qu’il vit et observe au quotidien, et de détecter plus facilement les incohérences… incohérences qui peuvent être résolues par tout individu ou le collectif, pour le bénéfice de tous.

Ce framework permet à chaque individu non expert de reprendre le contrôle face à une avalanche de savoirs qui pouvait le submerger. Dorénavant, chacun est armé pour relier le monde qu’il observe au quotidien à un monde profond qui a plus de sens. En quelques clics, chaque individu peut comprendre pourquoi et comment le monde évolue comme il le fait, et quelles sont les conséquences sur sa vie. De la même façon, chaque individu comprend et ressent plus directement comment agir sur le monde pour obtenir des résultats déterminés.

Ces “Humains Étendus” sont connectés au monde qui les entoure de telle façon que ces liens leur permettent de comprendre et d’agir sur le monde, en utilisant sa profondeur plutôt qu’en l’ignorant.

Sans imposer une source de vérité, nous permettons à chacun de repérer plus facilement les incohérences, les tentatives de manipulation, les bulles d’information et de contribuer à l’explicitation et l’explications collectives du monde, selon leurs valeurs, leurs théories, leurs biais.

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Nos engagements pour l’avénement des Humains Étendus

“Étendre” la nature humaine ?

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Nous avons besoin de tous pour créer un écosystème

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Nous sommes à la croisée des chemins :
Réaffirmer les Lumières et le contrat libéral, ou les renier.
Permettre le choix personnel à nouveau ou le réduire.
Respecter le libre-arbitre ou le saturer pour le manipuler.
Croire en l’individu ou l’utiliser.

Les populistes ont choisi la seconde voie, en niant tout ce qu’ils étaient incapables de résoudre, et en proposant un récit simpliste avec des solutions évidentes.

Les Réhumanistes, fidèles à leurs valeurs et leur mission réaffirmées, doivent permettre à chacun de pouvoir à nouveau choisir pour leur propre bien.

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