La croisée des chemins

La croisée des chemins

Nous sommes, individuellement et collectivement, à une croisée des chemins dans notre rapport au réel - un « choix » entre deux scénarios incompatibles et qui définiront le rôle de l’individu dans le monde pour des générations (et je pèse mes mots).

La première voie, l’évidente, est celle de la SIMPLIFICATION.

Face à un monde toujours plus complexe, si touffu qu’il paraît incompréhensible et intimidant, nous optons pour des solutions qui nous assistent et, sans le dire, agissent et choisissent à notre place.

Nous continuons à faire ce que nous faisons depuis plusieurs décennies déjà, en singeant les générations précédentes, sans trop se poser la question de « pourquoi ».

Nous générons et engloutissons toujours plus d'emails, compte-rendus de réunions, code informatique, lois, pubs... Nous avons accès à une quantité phénoménale non plus de données ou d’information mais de contenus : des medias, à la véracité de moins en moins vérifiable, aux sources intrackables, et aux recommendations aux arrières-pensées si alambiquées qu’elles paraissent personnalisées et objectives à la fois.

Créer du savoir nouveau consiste à formuler quelques incantations et relire la production de la machine, trop rapide et efficace (en apparence) pour que l’humain puisse espérer être encore pertinent… en devenant de moins en moins capable de comprendre ce qui est produit.

À ce monde déjà trop compliqué, nous rajoutons une surcouche, une interface simplifiante qui opacifie et rend plus difficile encore la compréhension du monde. Nous devenons des adultes-enfants qui pensons choisir en conscience tout en cliquant là où on nous le suggère.

La deuxième voie est celle de la FACILITATION.

Face à un monde toujours plus complexe, nous disposerions d’outils déterministes et fiables pour nous aider à explorer la modernité et lui donner sens.

Grâce à ces outils numériques à imaginer, nous pourrions suivre sans effort les sources d’information et de savoir et accorder notre confiance à des experts qui la mérite. Nous pourrions voir l’enchaînement de causes et des effets entre ce que nous observons au quotidien et une réalité systémique à l’échelle de la planète. Nous pourrions détecter et signaler les contradictions et participer à l’affinement de la connaissance humaine. Nous pourrions gérer des idées et des débats complexes, aussi facilement que l'on scroll un flux infini de publicités.

Nous serions des adultes responsables, conscients des conséquences de nos actions et capables d'agir résolument pour atteindre un futur désirable, individuellement et collectivement.

Est-ce vraiment un choix ?

Comme de nombreux autres qui nous ont conduit à ce cul-de-sac civilisationnel, les dés sont pipés : des avantages immédiats, un coût à payer dans trop longtemps…

Mais il est encore temps d’être optimiste. Pour cela, il faut imaginer et proposer ces fameux outils facilitants pour exposer leurs avantages et ainsi, ouvrir et rendre désirable cette seconde voie.

plus d'infos : reHu.fr